1 Performances du skieur alpin, ruses technologiques et justifications biomécaniques

1 C’est quand qu’on accélère ?

Cet article est la conséquence d’une question posée, entre la poire et le fromage, par un entraîneur du comité Dauphiné que j’ai conseillé quand il était poussin : c’est quand qu’on accélère à ski alpin ?

Comme j’ai été pris au dépourvu, j’ai répondu hâtivement : quand on est face à la pente. C’est idiot ! Parce que ce n’est pas systématiquement vrai. D’où me vient ce besoin de trouver immédiatement une réponse simpliste à une question complexe ? Peut-être du désagrément provoqué par l’exposition de mon ignorance ? J’aurais plutôt dû répondre : je ne me suis pas encore vraiment posé la question en ces termes. Je vais l’étudier. Je te répondrai quand j’aurai découvert la façon dont il faut s’y prendre. Mais au lieu de cette réponse, j’ai proféré une bêtise qui prend sans doute racine dans les croyances enfouies dans mon inconscient.

Comme il a été universitaire, s’il m’a posé cette question, c’est sans doute qu’il n’a pas trouvé sa réponse dans la littérature. Du coup, il m’a donné envie de la découvrir. Et comme la meilleure façon d’étudier est de rédiger, je me retrouve devant mon écran d’ordinateur, en train d’écrire cet article. J’espère qu’en le diffusant, il sera utile aux apprentis skieurs de loisir ou de compétition.

Mais l’entreprise n’est pas dénuée de périls. En décidant d’effectuer ce travail, du point de vue peu académique sur les activités humaines que nous avons coconstruit avec les membres de l’équipe du laboratoire avec lesquels j’ai coopéré au cours de mon travail de thèse[1], je prends le risque de déclencher de nouvelles polémiques. Tant pis, je suis coutumier du fait. Les controverses prouveront au moins qu’il a été lu. Et tant mieux, car certaines se révéleront sans doute constructives, parce que la dispute est féconde. Merci mon gars !

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A suivre…